Au commencement était la parole, et la parole est devenue Révolution, liberté.

Le poète et l’écrivain sont toujours les premiers à dire l’indignation, à l’allumer et à la nourrir. Ils sont aussi les premiers à se sacrifier pour la liberté, en cédant la leur ou leur vie-même. Parfois c’est la persécution suivie de l’exil, c’est le cas d’Alexandre Soljenitsyne. Parfois c’est l’exécution sommaire, c’est le cas de Federico García Lorca. Parfois c’est la prison, c’est le cas de Nazim Hikmet. Les exemples sont innombrables, dans l’histoire et dans le monde.

Si jamais les despotes, les dictateurs, et les régimes liberticides apprennent une ou deux choses de l’histoire, ils doivent trembler et préparer leur fuite non pas lorsque les manifestations remplissent les rues ou lorsque les premiers coups de feu retentissent, mais bien lorsqu’une première plume ose se lever et leur écrire NON en face.

Le printemps arabe – l’histoire jugera de la pertinence d’ainsi nommer la période actuelle - a commencé il y a longtemps, avec la poésie d’Abou el Kassem el Chabbi, d’Ahmad Fouad Najm, de Nizar Kabbani et de Mouhammad al Maghout, avec les Souffles d’Abdellatif Lâabi et d’Abraham Serfaty, avec les romans d’Abdel Rahman Mounif et d’Alaa al-Aswany, et ce ne sont que des exemples choisis quelque peu au hasard, car la liste est longue, très longue. Les peuples arabes n’ont pas allumé le flambeau, ils ont pris le relais des plumes courageuses qui lèvent la voix depuis des décennies au risque de leur liberté et de leur vie.

C’est à la parole que le Cénacle culturel Liban-Québec ainsi que les poètes et le musicien qui ont gracieusement contribué à cette soirée montréalaise mémorable ont voulu rendre hommage, à la parole dans sa puissance révolutionnaire et dans sa capacité de rendre à l’homme sa liberté. Ce fut aussi, et surtout, un hommage à ceux qui écrivent sans avoir peur et dont beaucoup ont payé et paient encore le plus cher des prix.
 
Le Cénacle culturel Liban-Québec